mardi 25 octobre 2016

Dangerous days

Dernièrement dans mes oreilles.



• Je remercie l'internet de m'avoir fait découvrir la synthwave. Et Perturbator, en particulier. Quand je lance un album (le petit dernier The Uncanny Valley est fantastique, mais j'ai eu un coup de coeur pour le debut album TERROR 404), j'ai l'impression d'assouvir tous mes fantasmes d'aventures dans un univers cyberpunk SF urbain rempli de néons colorés où la nuit serait perpétuelle, le tout sous une couche d'esthétisme années 80 - un genre de Blade Runner sous acide. (et chose improbable, ils sont français, de même que d'autres gros noms de la scène synthwave comme Carpenter Brut)




• Le nouvel Epica ne déçoit pas. Je les voyais mal surpasser leur album précédent, mais The Holographic Principle est tout bonnement incroyable. Il est de ces albums dont j'aimerais pouvoir écouter toutes les chansons à la fois, parce qu'en écoutant l'une je meurs d'impatience que la suivante arrive, tout en souhaitant que la précédente ne finisse jamais. Dancing in a Hurricane a été un coup de cœur immédiat, avec la façon dont elle monte en puissance après un début assez calme juste avant d'atteindre les 30 dernières secondes qui ne sont que pure perfection. •


• I Believe, ou Ghost reprennent une chanson et font passer l'originale pour un remix ringard. Ce titre me donne l'impression de flotter hors de mon corps, et je vous jure que je ne dis pas ça juste parce que c'est poétique. J'ai eu des frissons non-stop pendant quatre minutes la première fois que je l'ai écoutée, puis la deuxième, troisième... quinzième fois. Ces lignes de clavier vont me hanter pour toujours. •


• J'attendais le retour de Wardruna comme le messie. Ragnarok, l'album qui conclue la trilogie Runaljod, est sans surprise un voyage merveilleux. Une symphonie envoûtante toujours dans la lignée de ses deux prédécesseurs, avec un côté plus noir et plus brutal qui ne peut que me ravir. Comme je l'ai souvent lu, leur musique est comme un rituel mystique, qui parle à tout votre être... ou pas. Et j'attends impatiemment de pouvoir en faire l'expérience live. •


• Et sans transition après la messe chamanique viking, je suis tombée amoureuse du dernier album de Die Antwoord. Je ne sais pas trop quoi en dire à part qu'ils sont barrés, que leurs paroles sont hautement discutables, mais que j'adore et que ça me donne envie de danser - raison suffisante. •

samedi 22 octobre 2016

I want to feel again, and live another day. I want to bleed the pain, and wash away the poison from my veins.

Je n'arrive pas à écrire cet article.
Trois semaines que j'efface et recommence.

J'ai cette impression de ne pas avoir passé une seule journée seule en ce mois d'Octobre. J'ai ris, j'ai parlé, déversé, fait confiance. Je me suis lancée, j'ai dis merde au doute, dévoré des yeux et me suis confiée. J'ai joué, câliné, partagé. J'ai vécu. Puis j'ai pleuré. Pleuré, pleuré, dans les bras d'inconnues, puis dans des bras familiers. J'ai maudis cette année, puis je l'ai remerciée. Bénissant le changement, qui fait mal, oh si mal, mais qui m'a apporté enfin la bousculade, l'alternative vers laquelle tout mon être tendait.
J'ai dis adieu tout haut. J'ai voulu écrire sur cet homme, mon grand-père. Sur mes grands-pères. Ces deux figures riantes, chantantes, courbées par les années mais droites et dignes, marquées par une sorte de labeur que jamais je ne connaîtrai. Leur image toujours si présente, même si je les voyais si peu. La surprise, toujours, de ne pas voir un visage alors qu'il est sous terre depuis tant de saisons. (et l'absurdité de voir un corps être enfermé, enterré, en guise d'adieu - de conclusion. Se sentir en décalage avec le monde entier, parce que ça ne suffit pas et ne suffira jamais.) N'est-ce pas étrange d'oublier constamment la mort de quelqu'un ?
Et puis le reste. Une pause loin de tout, dans la campagne que j'ai tant détestée mais qui m'est si chère maintenant. Ce paradoxe, de vouloir prolonger cette bulle de calme à l'infini, mais de vouloir retrouver ces regards dans lesquels j'ai trouvé espoir, puis refuge, puis inspiration. au plus vite.

Et finalement, j'ai écris.

Peut-être pas comme je l'avais imaginé, sans trop de détails ni beaucoup de réflexion. Mais je crois que c'est ainsi que je fonctionne finalement - jeter les mots sur le clavier et espérer qu'ils s'accordent, relire en diagonale et publier. M'en libérer - éviscérer, répandre - et attendre la suite.


Hear the Shadowy Horses, their long manes a-shake,
Their hoofs heavy with tumult, their eyes glimmering white;
The North unfolds above them clinging, creeping night,
The East her hidden joy before the morning break,
The West weeps in pale dew and sighs passing away,
The South is pouring down roses of crimson fire:

O vanity of Sleep, Hope, Dream, endless Desire,
The Horses of Disaster plunge in the heavy clay:
Beloved, let your eyes half close, and your heart beat
Over my heart, and your hair fall over my breast,
Drowning love's lonely hour in deep twilight of rest,
And hiding their tossing manes and their tumultuous feet.

William Butler Yeats