vendredi 19 juillet 2013

Kairos

Pas d'article depuis deux semaines, il faut dire que mon environnement actuel n'est pas forcément propice à l'inspiration. Je savais bien que ce job d'été (en tant qu'A.S.H. dans une maison de retraite donc) n'allait certainement pas débloquer quelque chose en moi, genre HAN CA Y EST J'AI TROUVÉ MA VOCATION, mais je ne pensais pas non plus que ça me filerait des cauchemars et des boutons à l'idée de devoir me lever pour aller travailler dans cet endroit.
Objectivement c'est certainement loin d'être le pire travail qui soit, c'est juste que c'est exactement tout ce que j'ai toujours détesté.

Devoir être aimable et souriante avec les gens tout le temps, des gens qui sont l'équivalent de gamins de 6 ans en plus ridés et plus shootés par les médocs. Qui te sortent des trucs du genre "non ça ne va pas, je suis toujours vivant" en guise de bonjour, qui sèment leur merde dans les couloirs, qui n'ont rien d'autre à faire de leurs journées que comater dans un fauteuil roulant devant la télé, ou te demander pour la 5ème fois en 10 minutes de remettre du papier toilette OUI JE VAIS TE REMETTRE DU PQ TU VOIS PAS QUE JE SUIS ENTRAIN D'ESSAYER DE PAS MOURIR ÉTOUFFÉE PAR LES ÉMANATIONS QUI SORTENT DE TA POUBELLE LA? Qui ne veulent pas de soupe oh et puis si oh finalement non. Arriver le matin et fourrer le petit déjeuner dans la bouche d'une mamie qui ne demandait surement rien d'autre que 20 minutes de plus de sommeil mais non tu comprends on a des horaires à respecter t'auras pas le temps de tout faire sinon. Travailler en compagnie du reste du personnel soignant, insupportable pour la plupart. 

Et pour les petits vieux toujours la même rengaine, réveil petit dej' toilette télé repas télé goûter télé dîner coucher.
Le pire dans tout ça c'est sûrement d'assister à cette lente déchéance, les voir s'extasier quand tu leur souris parce que c'est une des dernières choses qui leur reste et se demander où ils sont et ce qu'ils font là la seconde d'après. 
Ce que j'en retiens c'est que j'espère crever avant le jour où je ne pourrais plus me suffire à moi même, il vaut certainement beaucoup mieux être mort que de vivre là dedans.

2 commentaires:

  1. Mon père est aide médico-psychologique, et travaille dans les maisons de retraite, et c'est à mes yeux un véritable enfer sur terre. J'ai fais quelques stages dans ces lieux, et je souhaite réellement n'y remettre jamais les pieds : ça pue la déchéance, la tristesse, et la solitude. Ces gens là sont entassés en attendant de mourir, et la plupart n'ont plus rien. En règle générale les gens qui bossent dans ce milieu ne sont pas agréables pour deux sous c'est clair.

    Je compatis donc, et je te souhaite bien du courage !

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    1. Merci pour tes encouragements, heureusement il ne me reste plus que quelques jours à tenir. En tout cas je sais où je n'irai PAS proposer ma candidature pour un job d'été à l'avenir !

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